sur les traces du pandou

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Classé dans : Non classé — 27 juin, 2011 @ 21:44

Mémoires d’eau et mémoire de l’eau

Décembre 1883 sur les hauteurs de Nice, Gairaut capte désormais les eaux de la Vésubie, faisant fleurir les collines niçoises, cascade fraîche et bruyante sous un chalet d’inspiration autrichienne, maison du garde, et ses rochers artificiels.

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En 1903 Marius Paul Otto révolutionnera le traitement de l’eau par l’ozone. De ce canal qui finit en cascade après de nombreux ressauts, les riverains se demandent, un peu sceptiques, si l’eau vive n’aura pas la mémoire de son parcours dans ce jeu d’apprentis sorciers.

Ils se souviennent de ces légendes qui vont mourir lentement à présent, de la Fouon Santa qui ne sortait des terres qu’après la pluie, et de la « Fontaine de Gairaut » qui ne coulait qu’après de longues périodes d’abstinence, ses apparitions étaient de mauvais présages de catastrophes sur la ville.

Pendant des siècles les lyonnais se sont demandés pourquoi un des piliers de la nef de la cathédrale Saint Jean n’était pas aligné avec les autres ; un jour, on a découvert qu’à l’emplacement théorique de ce pilier passe une veine d’eau. Nos anciens parlaient de la « mémoire de l’eau », de cette eau qui au fil des siècles ou des millénaires voudra toujours reprendre son lit si on cherche à le détourner !

Juin 2011, cascade de Gairaut. Les mémoires de l’eau de la Vésubie sont quasi intactes. Les canards qui se sont installés à demeure en ce lieu paisible voient leurs canetons de l’année donner leurs premiers coups de petites palmes dans l’eau à la fois vive et troublée par les plantes aquatiques et… les déchets du monde moderne.

lescanards.jpg

 

Le canal a été aménagé. Des générations de lavandières y jouent toujours les hoche-queues pour notre plus grand bonheur. Le talus des premières violettes du printemps est toujours là, dans son virage. Les écureuils font du trapèze dès potron-jacquet entre les grands pins. Les joggers y enchaînent les allers-retours  de l’aube au crépuscule.

canaldegairautilneigeaussinice.jpg

 

Une cascade et un chalet hors du temps, une cathédrale et ses piliers, une eau qu’on canalise ou qu’on contourne, n’est-ce pas là la vraie mémoire de l’eau au fil de l’eau à travers les siècles, et le signe que l’homme n’est pas maître du temps qui coule et qui s’écoule…

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