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Consuelo de Saint Exupéry

Classé dans : Littérature — 15 octobre, 2011 @ 20:09

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On a toujours tendance à se précipiter dans ce qui va causer la douleur et à anticiper le contretemps, alors qu’il serait parfois si simple de se laisser porter par la vague. « Consuelo ne supportera jamais l’absence, ni l’attente, car pour elle, elle est synonyme d’abandon »;  « J’ai besoin d’être rassurée, à force d’absence je deviens un peu folle pour de bon » dit-elle.

Marie Hélène Carbonel a l’art de traduire cette biographie intime avec son ressenti de femme, et c’est ce qui rend son livre si émouvant. La plume d’or de Consuelo semble revivre dans sa main, lorsqu’elle parle  d’« … obtenir ce qu’aucun amant n’a jamais réussi à obtenir: s’unir et se confondre d’une façon absolue sans se détruire », ou encore lorsqu’elle évoque que Consuelo « passait par des états d’espoir et de désespoir continuels. Elle ne mentait pas ou très peu. Et elle racontait tout, autant ce qui peut lui être défavorable que le contraire. » 

Alors qu’« Elle est profondément étrangère à Antoine, tout la sépare de lui. Prise au piège, elle n’a pas le courage de fuir », elle l’épouse et va endurer tant d’années de trahison, de mépris et d’humiliation avant de trouver un peu d’apaisement vers la fin de leur union, mais à quel prix. Peut-être celui d’« Etre seule comme un papillon qui n’a pas de fleurs ». « Un tel amour, c’était une maladie grave, une maladie dont on ne guérit jamais tout à fait ».

« Avec ou sans toi ma peine ne trouve de soulagement. Avec toi parce que je meurs et sans toi parce que je ne peux vivre ».  Je ne sais pas lire l’espagnol mais en français ce proverbe est déjà très beau.

J’ai beaucoup aimé aussi la lente et intime réflexion de Dolorès dans les ruines d’Oppède. Cette ouverture de tendresse et de sécurité enfin avec Bernard, ce qui lui a tant manqué, sacrifiée car mêlée de ce semblant d’apaisement qu’elle croit trouver avec Antoine, mais qui va encore la faire souffrir.

Elle était « cette petite fleur qui embaumait sa planète et qu’il a quittée faute d’avoir compris qu’elle était unique ». « J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires », dit-il.

La quasi-légèreté de l’époque Pimprenelle se fait vite oublier durant la décennie qui va suivre. Avec Antoine elle s’est mariée en noir et porte le blanc du deuil, paradoxes d’une femme passionnée et passionnante. Son cher Enrique trop tôt disparu reste celui auprès de qui elle souhaite reposer, il incarne pour elle la tendresse et la sérénité, et elle éprouve d’ailleurs un sentiment de culpabilité à son égard. Ambivalence de cette destinée de femme que seule la passion peut attiser de la sorte.

On retrouve avec plaisir l’image de l’extase cosmogonique de Dali, de ce tableau aux couleurs chaudes qui n’a rien de marin mais qui laisse l’imagination se perdre dans les méandres de l’univers. Finalement, de « Consuelo » la tellurique à l’amour de la mer de « Fronts de Mer », il n’y a peut-être qu’un pas. La quête de soi à travers l’amour et la beauté des moments forts, des textes d’une grande sensibilité. 

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