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Il n’est peut-être jamais trop tard pour courir son premier marathon…

Posté : 25 novembre, 2011 @ 7:08 dans sport | 2 commentaires »

Dimanche 20 Novembre. Suivant les derniers conseils de mon coach je me lève à cinq heures du matin pour 10′ de « réveil musculaire » à jeun dans les rues désertes de mon quartier, prendre une bonne douche chaude et déjeuner suffisamment tôt.

J’arrive à 7H30 sur la Prom. Le jour se lève et sur l’horizon un soleil magique tout orange se dessine dans les contours encore gris de la mer et des nuages résiduels. Le vent de la veille est tombé, il ne fait pas froid, et je prends une photo de ce lever de soleil en attendant mon tour devant un des semi remorques affrétés pour les consignes vestiaires. L’organisation est irréprochable.

Je suis arrivée au dernier moment pour ne pas avoir froid, aussi n’ai je pas trop le temps de réfléchir, et cinq minutes à peine après m’être frayé un chemin vers le sas des « 4H30 et + », le départ est donné.

Je veille à partir à mon rythme et vois défiler Saint Laurent du Var, Cagnes sur Mer et Villeneuve Loubet où Jean Pierre m’encourage au ravitaillement, et où les nombreux canards de la Cagne se sont donné rendez-vous pour nous offrir un concert de « coin-coins » enthousiastes. A Marina Baie des Anges, lorsque le parcours se fait en zigzags à travers la route nationale et l’intérieur des marinas, je croise non loin devant le meneur d’allure 4H30.

C’est mon premier marathon et je me suis fixée comme objectif …. de le finir et … si possible en 5 heures, alors je me dis que tout va bien jusque là.

La ligne droite qui borde la voie ferrée est un peu longue pour arriver à Antibes où il me semble tout de même que le Fort Carré s’est un peu éloigné de sa place habituelle … effet d’optique ? !!, franchis le cap du semi sans difficulté particulière. Passé le port d’Antibes, les remparts grimpent légèrement mais rien de bien terrible, je continue donc mon chemin avec optimisme, à peine un peu fatiguée.

Je croise Sandrine au ravitaillement suivant, qui a couru en relais avant de se reconvertir en assistante souriante de nos efforts. J’appréhende les côtes du Cap d’Antibes, mais sans plus.

C’est pourtant là que tout va s’écrouler, je ne m’en remettrai pas et je marche plusieurs fois, ma vraie torture commence après la montée à la sortie de Golfe Juan. et j’avale un des deux gels remis juste en bas de la côte, pensant que le « red tonic » quelques kilomètres après me permettra de surmonter la fatigue. Je commence à perdre beaucoup de temps.

Sur la dernière portion qui mène à Cannes, mes jambes ne me portent plus. Il ne reste que 7 km, c’est trop bête d’abandonner maintenant. Je doute plusieurs fois, avant de me résoudre à l’évidence.

Un, je ne peux pas marcher c’est carrément impossible, je ne tiens qu’en toutes petites foulées course très lentes à la limite de l’équilibre. Deux, si je m’arrête encore une fois je ne redémarrerai plus, comme je le comprends à l’avant dernier ravitaillement d’où j’ai un mal fou à repartir. Trois, je n’ai que deux alternatives, l’abandon ou l’oubli total du chrono mais terminer vaille que vaille. Je me dis qu’il faut être complètement dingue pour faire un truc pareil, et qu’on ne m’y reprendra plus jamais. Mais je me refuse à l’abandon.

Même les kite surfeurs qui s’en donnent à coeur joie ne suffisent pas à me rendre le sourire et les jambes que je n’ai plus. Il y a du vent et plus de soleil, j’ai mal aux jambes, au dos, partout, par moments je ferme les yeux pour ne plus voir le bitume.

Les deux derniers kilomètres sont un véritable calvaire, et le tapis rouge me semble irréel à l’arrivée, j’ai tellement souffert à la fin que je n’éprouve presque pas de plaisir sur le coup.

Je suis complètement tétanisée, m’appuie sur le bénévole qui enlève la puce de ma chaussure car je n’ai plus aucun équilibre, récupère péniblement mon tee-shirt « finisher » et ma médaille tant convoités, me traîne au ravitaillement final. Je ne peux même pas m’asseoir et encore moins m’étirer.

Après une dizaine de minutes, je réussis à me laisser choir sur une bordure de trottoir qui me permet de replier un peu mes jambes et soulager mon dos, et de manger et boire un peu.

J’ai fini tant bien que mal, et plutôt mal que bien, mais allée au bout de l’aventure malgré tout pour mon premier marathon nonobstant le chrono de… 5H30. Heureuse pour tous ceux à qui j’avais promis d’aller au bout bien plus que pour moi-même tant je suis épuisée.

Qu’il est dur de regagner la gare de Cannes pourtant toute proche après un tel effort, mais un train part rapidement et même assise par terre sur une marche dans un wagon bondé je suis contente de ne pas avoir attendu debout au vent. Quelques amis essuient mes premières larmes et textos d’épuisement au téléphone. Mes jambes sont raides comme du béton et mon dos comme passé au rouleau compresseur !

Arrivée à l’avant-dernière gare du parcours, je me lève pour réveiller mes jambes, et là c’est l’horreur ma jambe gauche ne me porte plus je ne peux même pas m’appuyer dessus. Je descends du train tant bien que mal, m’accroche aux rampes des escaliers que je descends comme je peux en boîtant et grimaçant…. quelques autres « finishers » ne sont guère plus brillants que moi, alors que la forme de certains autres me fait vraiment envie. Le trajet de quelques centaines de mètre de la gare au tram me voit m’arrêter à tous les points d’appuis possibles, réverbères, voitures stationnées, grilles etc… heureusement comme d’autres « finishers » j’ai une tenue reconnaissable qui m’évite de passer pour une pocharde !

Arrivée chez moi je m’écroule, mais deux bonnes heure après, eau chaude, anti-inflammatoire et boisson brûlante ayant fait leur effet, je pose à nouveau mes deux jambes par terre !

Contre toute attente la récupération est rapide, dès le lendemain je marche presque normalement, et deux jours après plus de douleurs seulement quelques tensions… je commence à me dire que recommencer dans un an.. en 5H bien sûr !! pourquoi pas …

En attendant d’autres courses plus raisonnables m’attendent en début d’année prochaine, dont je compte vraiment profiter à présent que ce marathon a bien dû me faire progresser quelque part !

J’ai encore du mal à être enthousiaste, tout ça me semble encore irréel.

Mais c’est une aventure si forte qu’aujourd’hui je me dis par moments qu’il n’est peut-être jamais trop tard pour courir son premier marathon.

 

Aventure aquatique

Posté : 5 octobre, 2011 @ 7:22 dans nature, sport | Pas de commentaires »

Durant des années je me suis demandée comment c’était sous la surface de la mer. Pas vraiment demandé au sens propre du terme car les reportages sont nombreux en la matière, mais envie de voir la vie sous-marine, un peu comme la concrétisation de toutes ces années à me baigner en toutes saisons en osmose avec la mer après mes footings.

Il y a une dizaine de jours, me voilà donc embarquée en direction du Cap Ferrat en petit comité, avec un sympathique couple de moniteurs de plongée totalement passionnés, Martial et Delphine, et Tony un jeune garçon de dix ans venu lui aussi demander à la mer de lui offrir un baptême.

Première expérience: enfiler la combinaison !! Ce qui semble aisé mais en réalité n’est pas si facile car elle doit coller à la peau. Petit briefing pour expliquer aux néophytes comment on respire dans le détendeur, les gestes élémentaires pour communiquer sous l’eau notre aisance ou notre appréhension, position du masque et gestion des oreilles, et nous descendons lestés les escaliers du spot de plongée. En cette période l’eau est merveilleusement claire et belle… parole de pro ! et déjà sur les rochers les petites crevettes et les crabes nous disent bonjour.

Après les coups de palmes du jeune Tony émerveillé, sous l’oeil avisé de sa maman Françoise qui le regarde évoluer des rochers, et de sa petite soeur Chloé en masque et tuba, et alors que le ciel laisse échapper quelques petites gouttes (oui je sais bien que Martial a dit que c’était très joli de voir tomber la pluie à la surface de l’eau lorsqu’on est dessous mais tout de même …) mon tour arrive et l’enthousiasme fait quand même place à une légère appréhension.

Pas de soucis de palmes, çà je connais !! la combinaison est nettement plus confortable dans l’eau, ok pour la ceinture de plomb, ok pour l’accrochage du harnais bouteille où je me laisse faire par Martial à qui je vais m’accrocher comme prévu sans relâche et sans me poser de questions, et nous commençons à apprendre à respirer par la bouche exclusivement. Je tiens mon détendeur comme un sésame, et mon moniteur comme un gilet de sauvetage. Mais comme c’est beau déjà là-dessous juste sous la surface. Le plateau est peuplé de myriades de petits poissons, les bébés castagnoles sont adorables (clin d’oeil à Pierre Brocchi çà y est je les ai vues !). Mais voilà que mon masque est plein d’eau et que je sens monter en moi comme un petit vent de panique. Je fais signe comme convenu et nous remontons à la surface illico. Delphine me met dans la main un joli coquillage habité par un adorable bernard l’hermite qui joue à cache-cache pour me déstresser. Après quelques paroles rassurantes et le clin d’oeil rassurant du petit  bernard l’hermite à qui je rends sa liberté, nous voilà repartis avec pour consigne de… respirer moins fort !!

Et là effectivement çà va beaucoup mieux, les vingt minutes qui suivent ne vont être que du bonheur, et c’est vrai qu’ici à quatre mètres de fond c’est magnifique. Martial me met dans la main une étoile de mer tandis que Delphine en apnée immortalise l’instant sur son appareil photo. Je me sens totalement gauche à côté de leur aisance, mais tellement émerveillée par ces fonds magiques.

Je me laisse guider par l’oeil avisé de mon moniteur que je ne quitte pas d’un iota – il m’avait dit de ne pas me servir de mes bras mais çà ne risque pas de m’arriver, ma main droite étant solidement arrimée à son harnais, et ma main gauche se refusant à  lâcher le détendeur – et je lâche enfin prise pour profiter pleinement des vingt minutes qui suivent. Ma respiration se fait régulière, mon palmage moins saccadé et je me laisse aller au monde du silence troublé par le seul bruit de mes bulles.

plonge2.jpg

Les étoiles de mer sont encore plus rouges et oranges que je ne l’imaginais, les oursins sont ancrés à leurs rochers, un joli petit poisson marbré de blanc et marron joue à cache-cache, les bancs de poissons forment de belles arabesques vives et rapides, les petites castagnoles décidément peu farouches semblent me sourire et je leur renvoie leurs sourires. Je ne verrai pas le poulpe aperçu par mon prédécesseur mais nous arrivons au surplomb du tombant. Les algues ondoient doucement et la couleur de l’eau qui s’enfonce est d’un magnifique bleu soutenu. Encore quelques traversées de rochers sur lesquels je pose mes mains dans la douceur du végétal qui les recouvre, une sorte d’éponge cylindrique rosée et tachetée se love dans une anfractuosité, et lorsque nous faisons surface je ne m’y attends presque pas si vite et suis un peu surprise de ne pas avoir eu hâte de remonter bien au contraire.

Le matériel aisément enlevé par mon moniteur grâce au harnais « magique » gonflable et sans ceinture de plomb, je me sens d’une légèreté soudaine avec mes seules palmes. Enlever la combinaison est tout de même un peu moins difficile que de l’enfiler… fini le gainage et re-bonjour les bourrelets !! Nous nous changeons gaiement en échangeant nos impressions, puis nos moniteurs nous font un nouveau briefing sur tout ce que nous avons vu et sur les cétacés qu’il connaissent par coeur, nous apprenons entre autres la régulation du spermaceti chez le cachalot qui lui permet de plonger très profond et de remonter à sa guise, et à regrets déjà nous échangeons nos adresses mails pour les photos et reprenons le chemin de Nice.

La tête pleine des belles images et impressions de mon rêve réalisé, je me promets de recommencer dès l’année prochaine. je crois bien que j’ai le regard aussi émerveillé que celui de Tony le champion… peut-être au fond de moi restait-il une âme d’enfant que la plongée a réveillée ? En tout cas j’aimerais bien parfois donner à ma vie un peu de la légèreté de ces petits poissons si rieurs …. Une chose est certaine, lorsque je me baignerai je revivrai au fond de moi ces instants magiques. 

 


 

 

Audrey NEW |
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